Projet de solidarité internationale au centre de Balimba
Les enfants de la rue à Sarh, sud du Tchad



Présentation du centre Balimba par Charlotte, à la date de Janvier 2016


Une présentation du centre Balimba à la date de Janvier 2016 et faite par Charlotte est disponible ici :PRESENTATION CENTRE BALIMBA.

Le trombinoscope des enfants du centre Balimba et réalisé par Charlotte est aussi disponible ici : TROMBI.

Le centre de Balimba et les enfants de la rue de Sarh


Le centre de Balimba a pour vocation de recueillir les enfants des rues de Sarh et des alentours afin de leur offrir une éducation et une formation, et leur donner un avenir meilleur. Il a été créé en 1995 par un jeune coopérant en mission avec la DCC (Délégation Catholique pour la Coopération) Gaël Giraud, avec ses amis tchadiens constitués en association, et avec le soutien des Sœurs de la Charité présentes à Sarh, également membres du bureau de l'association créée. Ce centre accueille actuellement des enfants âgés de 6 à 18 ans, qu'il scolarise. Les plus grands bénéficient ensuite d'une formation professionnelle : couture, mécanique, menuiserie. Ils regagnent la société tchadienne à 18 ans, toujours suivi par le centre. Après le bac, certains peuvent poursuivre des études.


Les enfants recueillis sont des enfants livrés à eux-mêmes vivant dans la rue, en errance sur les marchés. Ce sont des enfants orphelins (l'espérance de vie au Tchad ne dépasse pas les 50 ans), des enfants rejetés par leur famille suite à un remariage d'un des parents (la polygamie est très présente au Tchad) ou des enfants ayant délibérément quitté leur famille pour fuir la misère. Le Tchad est classé parmi les 10 derniers en matière d’IDH (chiffres de 2011). La pauvreté est omniprésente. Certains enfants fuient leur contexte familial difficile par instinct de survie dans le but de trouver eux-mêmes un peu à manger, ce qu’ils n’ont pas à la maison. Au marché, ils sont livrés à eux-mêmes et doivent lutter pour leur survie. Pour se nourrir, ils mangent ce qu'ils trouvent ou volent. Ils dorment où ils peuvent mais sont souvent réveillés en pleine nuit et frappés par des marchands les trouvant sur leur « territoire». Sur le marché, la loi du plus fort est la règle, les petits peuvent être rackettés par les autres. Les plus grands boivent et se droguent. Si personne ne prend en charge ces enfants de la rue, ils aboutissent la plupart du temps au marché de N'Djamena, la capitale du Tchad, où ils deviennent délinquants.


Les enfants sont approchés par des éducateurs dans la rue, qui parviennent (ou non) à les convaincre d'accepter de venir au foyer, pour changer de vie. Certains n'accepteront jamais, préférant leur « liberté ». Ceux qui acceptent bénéficieront de meilleures conditions de vie que dans la rue, mais auront surtout une chance d'avoir un jour un métier, une situation, une épouse, en bref de se « réinsérer », de reprendre une vie « normale ». Et ce, même si les conditions de vie au centre restent un peu triviales : les enfants sont nombreux dans les cases, les sanitaires sont rudimentaires, ils ont peu de place pour ranger leurs effets personnels ; et même s'ils doivent adopter un mode de vie plus cadré, plus discipliné par rapport à leur vie d'enfants de la rue, ce qui leur coûte souvent beaucoup. Le bouche à oreille fonctionne bien. Les enfants viennent quelquefois d’eux-mêmes pour rejoindre le centre, disant qu’ils veulent un avenir meilleur que celui qui leur est réservé dans la rue.



Cases, puit et à l'intérieur d'une case.


Le centre ne fonctionne qu'avec des aides extérieures (dons d'associations et en grande partie des dons de particuliers) mais essaie également de s'assurer une autonomie partielle pour se procurer la nourriture de tous les jours : les enfants travaillent à la culture de champs d'arachides et de riz, à la culture de quelques légumes, destinés à assurer leur quotidien mais cela ne suffit pas pour leur permettre de manger 3 fois par jour. Le centre doit se fournir pour la viande et le complément de légumes. Il doit également payer les soins de santé des enfants (maladies, opérations), et tout ce qui touche à la scolarité.



Les enfants travaillant aux champs.


Kisito Behotombaye, le directeur, est seul pour gérer le centre et y habite avec sa famille. De fait, il a plusieurs casquettes : directeur, éducateur, psychologue et « papa-poule ». Les sœurs de la Charité de la communauté de Sarh, ainsi que les novices de cette congrégation, viennent apporter leur aide pour l'animation et le soutien scolaire. On notera maintenant la présence de coopérant venant en mission avec la DCC pour un ou deux ans, depuis 2012.



Photos des enfants.



Photo de Kisito au milieu des enfants.



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