Projet de solidarité internationale à Shire
Les enfants accueillis dans la mission à Shire



Quelques mots à notre retour


L’Ethiopie ou le pays du bonheur. Par le pays du bonheur, j’entends que jamais je me suis sentie aussi vivante de toute ma vie. Cette expérience a été tellement enrichissante (moralement comme professionnellement). Pour moi, je pense que ce qui est important à retenir, c’est le sourire des populations, leur pauvreté mais leur envie de s’en sortir. On dit toujours que l’Afrique, c’est pauvre, que les gens ne s’en sortiront jamais. Certes les moyens sont minimes, mais les cœurs sont nombreux. Ce voyage m’a permis de voir que l’on vit dans un monde d’égoïsme, de nonchalance, d’hypocrisie, et j’en passe. Eux, ils ne se préoccupent pas de cela. Ils vont à l’essentiel. On devrait en faire de même… Je remercie les Sœurs qui ont fait de ce mois de juillet, le plus beau de toute ma vie. Si c’était à refaire, je le referais. Si demain on me propose d’aller donner de moi-même, et de nouveau recevoir tout l’amour que j’ai reçu, j’y retourne sans hésiter. Encore merci.

Manon


Après de longue heures de voyage et d’attente, quelle surprise en arrivant à Axum !.. Les paysages sont absolument grandioses, sur la route on voit des enfants qui travaillent dans la montagne, des animaux qui se promènent ici et là. Après une heure de route, nous découvrons la mission des sœurs à Shiré. Le travail qu’elles y accomplissent est fabuleux. La mission comprend une école, une clinique (qui a d’ailleurs été promu centre hospitalier durant notre présence là-bas !), une promotion féminine… Je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi grand et d’aussi développé. Le lendemain de notre arrivée, nous avons échangé avec les filles que les sœurs accueillent à la mission, elles sont une dizaine et nous ont aidé à faire les animations durant tout notre séjour. J’ai vraiment pris conscience de la différence de culture à ce moment là : lorsque nous expliquions aux filles les animations, ils fallait vraiment expliqué très simplement, ce qui n’a pas toujours été facile à cause des différences de langages (heureusement que Max parle bien anglais :D ). Et puis il fallait faire des choses très simples, car même pour les filles, certaines activités que nous avions prévu étaient trop compliquées pour elles.

Lorsque nous avons rencontré les enfants la première fois, la chose que je retiens est le respect qu’ils ont : respect envers nous mais également entre eux. Il n’y aucune rivalité entre eux, et ils s’entraident en permanence. Et paradoxalement, ils n’hésitent pas à s’attraper si quelque chose ne va pas ! Au fur et à mesure que les jours avançaient, les enfants étaient de plus en plus nombreux, un jour nous avons eu 450 enfants, ça peut paraître énorme, mais finalement tout c’est bien déroulé. Parfois certains enfants préféraient même ne pas jouer pour pouvoir nous aider, c’est incroyable...

Nous avons également rendu visite à des familles, quelle claque… Ces familles vivent dans une pauvreté inimaginable, ils ont des toutes petites « maisons » toutes sombres et ils vivent à 4, 5 ou parfois plus dedans. Ils n’ont rien et pourtant, ils nous donneraient tout pour nous faire plaisir... Je pense notamment à une jeune maman qui avec ses trois enfants et qui est aveugle, on a un peu parlé avec elle, elle est très pauvre et pourtant elle voulait nous offrir le café. Ca peut sembler anodin avec un regard d’européen, mais quand on voit la pauvreté dans laquelle ces personnes vivent, on se rend vraiment compte qu’on est bien trop égoïste en Europe.

Cette expérience m’a fait prendre conscience de beaucoup de chose et a été vraiment très enrichissante pour moi. Depuis mon retour, j’ai tous les jours une pensée pour les personnes que nous avons rencontré en Ethiopie. Cette aventure humaine m’a fait grandir, et je ne suis pas prête de l’oublier, j’ai eu la chance de faire ceci une fois dans ma vie, en espérant que d’autres opportunités comme celle-ci se présenteront à moi !

Aurélie


Voilà déjà plus d'un mois que nous sommes rentrés... Et j'ai eu la réponse à au moins une question que je me posais avant de partir : Comment peut-on être heureux ? Cette mission en Éthiopie, à Shire, m'a appris que c'est dans la simplicité que le bonheur est possible ! La mission d'animation avec les enfants et celle de visite des familles pauvres m'ont fait goûter à ce bonheur qui réside dans la relation avec l'autre. L'autre, peut être différent, mais qui a bel et bien le même cœur que le mien. Le point qui m'a le plus marqué lors de cette aventure restera ce don gratuit de ces petits pour nous, « Donnez gratuitement, et vous recevrez gratuitement » entend-t-on souvent ?! Et bien je valide et je signe ! Le métier d'infirmier était déjà un début d'évidence pour ma réorientation, mais il ne fait que de se confirmer un peu plus avec cette mission en Afrique. Servir la pauvreté et l'Homme, et en faire son métier, tel est je pense, la route qui me rend le plus heureux.

« Ce que j'ai caché aux sages et aux savants, c'est aux petits que je l'ai révélé », Voilà une phrase de l’Évangile selon Matthieu (Mt 11). Elle a pris toute sa saveur pendant ma mission. Ma foi a changée pendant mon séjour en Éthiopie, et je me rends compte avec le recul que dans l'autre, l'Amour de Dieu est bien présent et nourri la vie de chacun. Oui, ce bonheur que tous ces éthiopiens dégagent par leur bonne humeur, leur amour de l'autre, est source d'une foi du cœur, ils sont tout simplement présence de Dieu !

Cette mission est et restera une expérience très forte, et surtout je l'espère, est en train de devenir un tremplin pour ma vie !

Max